La frigidité : invention ou réalité ?

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Rédigé par

Tristan Chevrier

Dernière mise à jour

16 mai 2022

La compréhension des troubles sexuels féminins est longtemps restée figée dans une médecine sexuelle phallocentrée. Ce que l’on pouvait auparavant nommer « frigidité » n’aurait plus aucun sens aujourd’hui.

D’autres notions ont donc depuis remplacé ce terme  : nous pouvons parler d’anorgasmie, d’anaphrodisie, ou encore de troubles du désir hypoactif (un manque de libido). 

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En finir avec la frigidité

L’approche médicale de la « frigidité » n’a jamais été sérieuse dans sa définition. Et reposait très souvent sur des jugements masculins dévalorisants et stigmatisants.

Par exemple, certains auteurs parlaient d’« anesthésie sexuelle » ; d’autres d’une « paralysie » ou encore d’une « froideur » biologique ; ces auteurs avaient-ils remis en question, ne serait-ce qu’une fois, le rôle du partenaire dans la réponse sexuelle féminine ?

Puis, nous avons commencé progressivement à évoquer un blocage du désir, l’absence de plaisir en lien avec de la frustration – et donc de la souffrance – et non plus le mythe de la femme « indifférente » sexuellement.

Mais même aujourd’hui, pour une femme qui ne connaît pas l’histoire de la médecine sexuelle, le terme “frigidité” est lourd de sens. En fait, de nombreux préjugés ont construit cette notion, influencés par les tabous éducatifs, religieux, etc.

Car la « frigidité » est bien sûr un terme d’homme pour les femmes. 

On retrouvait généralement les mêmes jugements dévalorisants, utiles pour asseoir une domination masculine, dans les notions de nymphomanie, d’hystérie, ou encore de sorcellerie, etc. 

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L’évolution des troubles sexuels féminins

L’approche médicale des troubles du désir sexuel a heureusement évolué ces 20 dernières années. Cela a permis une meilleure compréhension de la réponse sexuelle féminine et ses troubles.

Si la médecine sexuelle n’est plus celle du XXème siècle, les fausses croyances, les préjugés ou les mythes autour de la sexualité féminine perdurent toujours dans les relations hommes/femmes.

Aussi, la compréhension des troubles sexuels féminins s’est souvent heurtée à des difficultés, à des besoins masculins, des projections fantasmatiques – et parfois même, à de l’insuffisance.

Notamment parce que les médecins connaissaient mal la physiologie féminine, à travers le manque de connaissances médicales, un manque de sensibilisation, de communication, et une perception erronée de la sexualité. 

La notion de frigidité était donc la résultante de mécompréhension de part et d’autre, comme un mystère qu’on entretenait par facilité, sans entrevoir les stéréotypes sexuels figés.

L’héritage phallocratique définissait par exemple pour l’homme son aptitude à avoir des érections (l’impuissance étant son contraire péjoratif et risible) quand la femme n’était jugée que par sa capacité à « recevoir », « accueillir », dans une espèce de fausse passivité.

Impuissance et frigidité ont depuis laissé la place aux notions de dysfonctions, de troubles sexuels ou encore d’inhibitions sexuelles.

A lire aussi : qu’est-ce que la vaginisme et comment se soigner ?

Frigidité ou sexualité « phallocentrée » ?

Aujourd’hui, nous connaissons mieux la réponse sexuelle féminine, ce qui nous a permis d’abandonner de vieux termes infondés médicalement.

Notamment, nous savons que de nombreuses femmes n’ont pas ou plus de désir en raison de nombreux facteurs psycho-affectifs, émotionnels. Mais aussi en lien avec des stimulations génitales inappropriées.

De nombreuses femmes n’atteignent pas l’orgasme en raison de plusieurs facteurs interpersonnels : une sexualité trop centrée sur le phallus et la pénétration, une certaine forme d’égoïsme dans les pratiques, etc.

Car d’un point de vue biologique, toutes les femmes qui souffrent d’un trouble du désir, de l’excitation ou de l’orgasme, sont dans la grande majorité tout à fait normales physiologiquement ; et peuvent donc prétendre à l’accès au plaisir.

Enfin, certains choix peuvent aussi relever d’une orientation sexuelle. L’asexualité, par exemple, est vraiment décrite par certaines personnes comme une sexualité à part entière. Même si l’absence de désir conduit à une absence de sexualité. 

Ces personnes choisissent ce mode de sexualité pleinement et n’en éprouve aucune souffrance.

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Quelles sont les causes d’une absence de désir ?

Les dysfonctions sexuelles féminines sont multifactorielles. Nous pouvons commencer par les causes organiques :

  • Un désordre hormonal ;
  • La dépression : souvent le sexe (et éventuellement l’orgasme) intervient comme médicament, comme on prendrait de l’alcool ou un anxiolytique, mais cache en réalité d’autres problématiques ;
  • Les maladies : cancers, insuffisance cardiaque, rénale, etc.
  • Les interactions médicamenteuses : traitements psychotropes, contraceptifs oraux ;
  • L’hygiène de vie, le stress, etc. 

Les causes socioprofessionnelles sont nombreuses aussi : surmenage, problèmes financiers ou encore le chômage, la retraite…

Nous retrouvons aussi des causes familiales, des difficultés liées aux enfants, des problèmes conjugaux, une mauvaise gestion de l’intime, les conflits de pouvoir, etc.

S’agissant des facteurs personnels, ils incluent :

  • Le degré de connaissance et l’éducation sexuelle ;
  • L’image de soi, la personnalité ;
  • Une intervention chirurgicale ;

Enfin, il existe aussi de nombreux facteurs liés aux événements de vie, comme la maternité ou encore l’infertilité, à l’origine d’une baisse ou d’une absence de désir. L’infertilité peut par exemple être une source d’angoisse, d’anxiété ou de souffrance ; le désir sexuel est très souvent inhibé inconsciemment. 

La maternité apporte aussi son lot de nouvelles préoccupations pouvant interférer avec la libido.

En conclusion : l’importance du diagnostic

Le mot « frigidité » n’est en fait pas correct : son sens a été détourné, en recouvrant de nombreuses dysfonctions sexuelles, et en dissimulant aussi un certain nombre de problématiques physiologiques et psychologiques.

Or comme dans la plupart des cas, les causes des troubles sexuels féminins sont multifactorielles : psychologiques, affectives, émotionnelles, rarement organiques en fin de compte. 

Il est donc important d’établir un diagnostic clair, afin d’envisager la meilleure stratégie thérapeutique :

  • Est-ce une perte de désir primaire : qui est présente depuis le début de la vie sexuelle ?
  • Secondaire : qui intervient après une période sans difficultés récurrentes ?
  • Totale, circonstancielle ou sélective : dans toutes les situations, tous les contextes, avec tous les partenaires ? Etc.

Avec l’aide d’une praticienne, il faudra évaluer toutes les causes possibles : socioculturelles, socio-professionnelles, organiques, conjugales, familiales et personnelles. 

Malgré l’utilisation à outrance du terme “frigidité”, et ce, au détriment de la gente féminine, ce mot tend à se faire de plus en plus oublier. Pour lui tourner définitivement le dos, il est indispensable de comprendre à quel point il n’a pas de sens, est négatif, voire accusateur. 

La sexualité n’est pas innée, elle s’apprend, se conscientise et se partage dans un climat de confiance. 

La représentation que nous en avons peut être erronée et à force d’expérience, d’écoute et d’intérêt, il est possible de renouer avec une sexualité épanouie et lumineuse. 

N’hésitez pas à vous rapprocher d’une sexologue en ligne en cas de difficultés : elles sont formées pour être à l’écoute et pourront vous aider à surmonter vos difficultés avec bienveillance. 

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